Réflexion sur les commerces alimentaires, par Vincent Laarman

Vincent Laarman « Puisque les entreprises font encore des profits malgré la crise, beaucoup de personnes pensent qu’il faudrait plus les taxer. L’État aurait ainsi plus d’argent à redistribuer, et seuls les patrons auraient (un petit peu) moins. Ce raisonnement est simple, mais faux. C’est toujours vous qui payerez ». Vincent Laarman nous apporte son éclairage sur la situation économique actuelle. En économie, une loi dit que les entreprises font globalement toujours les mêmes profits, que les impôts soient bas ou élevés. En-dessous d’un certain seuil de rentabilité, le chef d’entreprise cesse tout bonnement son activité. En attendant, l’augmentation des impôts se répercute sur le prix de vente et les coûts de production. Un pays qui augmente régulièrement les taxes, engendre des prix élevés et des produits de plus en plus mauvais. En effet, pour gagner 100 euros, un artisan facture 500 euros. À ce prix là, vous devriez avoir un service première classe. Sauf qu’à ce tarif, toujours d’après Vincent Laarman, l’artisan ne pourra plus y consacrer autant de soins. Donc, plus les prix montent, plus la qualité baisse. Chaque augmentation d’impôt fait monter les prix au détriment de la qualité. D’où le succès des sandwicheries qui vendent des menus composés avec moins de 1 euro de nourriture. En les vendant 6 ou 7 euros, le restaurateur parvient à s’en sortir. Vincent Laarman renforce son propos en prenant l’exemple d’un boulanger français. Pour gagner 1500 euros, il faut qu’il vende 15 000 baguettes à 1€, somme correspondant à 90 centimes de charges et 10 centimes de profit. Mais voilà qu’il apprend que ses charges vont augmenter de 5%, soit 750 euros par mois et donc 5 centimes par baguette. Il a deux possibilités : diminuer de 5 centimes ses coûts de production, en achetant une farine de moindre qualité, ou augmenter son prix de vente de 5 centimes. Dans la plupart des cas, il fait les deux, mais dans tous les cas, le prix augmente et la qualité baisse. Le consommateur se ruine et achète de la cochonnerie.

La solution de Vincent Laarman : l’alimentation locale

En tenant compte du fait que dans beaucoup de pays les prix des denrées alimentaires sont déjà au maximum de ce que nous pouvons payer, et leur qualité au minimum de ce que nous sommes capables d’avaler, il est indispensable de préparer la transition. Approvisionnez-vous chez les producteurs locaux. Mangez des fruits et légumes de saison, selon votre région. Si vous avez la chance d’avoir un jardin, faites un potager. Quelques mètres carrés suffisent. Sinon, peut-être y a-t-il dans votre ville des « jardins familiaux », c’est aussi une solution économique, souligne Vincent Laarman. Au-delà du gain financier, cultiver ses propres fruits et légumes permet de savoir ce que l’on mange ! Mesures supplémentaires : isolez votre maison, installez un poêle à bois, des panneaux solaires et supprimez la climatisation. En tout cas, il est important de ne plus perdre de temps. Le jour n’est peut-être pas loin où vous vous direz « merci », et où les personnes autour de vous, qui dépendront à 100 % des supermarchés, seront très ennuyées.

Réflexion sur les commerces alimentaires, par Vincent Laarman